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Test 7

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Réminiscences:

 

Le Dédale du Sonnet

 

 

 

 

de

 

Kevin J M Keane

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réminiscences du Sonnet.  

© 2012 Kevin J M Keane

Tous droits réservés.  

 

 

 

 

 

 

1

 

h3<>.

 

 

Aisée était la paix et l’amour vital:[
**]se poser des questions pour savoir bien agir,[
**]un jeu de lumière passager qui éveille le désir,[
**]le cours familier d’une liaison amicale.

Pressante était la vie et la guerre banale:[
**]une décision téméraire sans trop y réfléchir,[
**]un couple ordinaire qui a des déceptions à subir,[
**]la peine ambiguë d’une veuve de guerre loyale.

Un portrait de mari, précaire et négligeable,[
**]des regrets, des excuses pour ne pas être coupable,[
**]des doutes, des réflexions pour se désabuser.

Si son idée de l’aimé s’avère illusoire,[
**]un fantôme même de sa propre mémoire,[
**]qu’en est–il de l’amour, qu’en est–il de la paix?

 

 

 

 

 

 

2

 

 

 

 

 

Comment gérer ma vie qu’elle soit libre, sans artifice.[
**]Avec raison et esprit qui par degrés progressent.[
**]Avec courage et cœur qui contre le faux se dressent.[
**]En cherchant un bonheur qui mes chagrins attendrisse?

En quoi consiste mon bonheur, le vrai non factice.[
**]En joie et en plaisir qui peu à peu se tressent.[
**]Et comment me réjouir sans que ma joie ne s’abaisse.[
**]Et comment me plaire sans que mon plaisir ne s’aigrisse?

Faut–il partager ma joie et diviser mon plaisir.[
**]Trouver un rythme convenable, un rythme pour convenir.[
**]Et si les conventions trompent, me font me tromper moi-même?

À quoi bon la liberté, à quoi bon l’amour[
**]sinon pour aimer et être aimée à son tour,[
**]pour faire face à la vie, pour éviter une vie vaine?

 

 

 

 

 

 

3

 

 

 

 

 

Un brin de lumière frôle tes lèvres et suscite ton sourire.[
**]Tout ce qui m’attire vers toi, c’est ce don de silence[
**]profond et indicible et son essor sans nuances[
**]qui me calme et me rassure et me fait vivre.

Des approches, des revers et je me suis mise à t’écrire,[
**]pour connaître tes goûts, tes choix, tes préférences,[
**]pour en découvrir des moyens, des mots, des cadences[
**]qui fléchiraient ton courage, qui t’aideraient à survivre.

Je ne connais pas la guerre et je sais ses enjeux,[
**]tu risques ta vie afin que nos avenirs soient heureux,[
**]tu défends nos terroirs afin que la nation subsiste,

et le stable reste stable et l’acquis l’acquis.[
**]Je ne sais si tu m’aimes et je connais ton envie,[
**]si c’est toi qui agis, ce n’est pas moi qui résiste.

 

 

4

 

 

 

 

La neige de mai recouvre les pics[
**]d’un châle d’arpège muet,[
**]un rai-épingle perce la crête[
**]pour se fondre dans un champ doré.

Dans une vallée éventée,[
**]sous des remontrances dures de regret,[
**]là j’ai remis ton drap fui,[
**]sur tes épaules effilées.

M’a réjoui ton regard lui[
**]d’amour, de joie mûrie,[
**]m’a rassuré ton geste tenté

d’approche d’accord caché,[
**]et traversait un reflet fluet[
**]pour se fondre dans la neige de mai.

 

 

 

 

 

5

 

 

 

 

 

Tu es venu me parler d’amour, que tu voulais m’épouser,[
**]qu’une vie sans moi serait une vie illusoire,[
**]qu’il fallait faire vite, ils venaient des jours noirs,[
**]ma promesse tout de suite, les noces sans délai.

Même si tu m’as ravie en voulant m’épouser,[
**]que c’est vrai que tu m’aimes et que je veux te croire,[
**]j’ai du mal à comprendre comment tu peux avoir[
**]pour une amie rêveuse un penchant si ciselé.

Aurais-je moi-même déprécié, mes atouts mal compris:[
**]mes cheveux châtain, mon front clair, mes yeux gris,[
**]et ma taille à peine fine et mes gestes presque doux?

Tu voulais me protéger, me savoir sans souci;[
**]je n’ai pu te refuser, tu étais tellement ému,[
**]et je ne voulais pas te savoir, sans amour, perdu.

 

 

 

 

 

 

 

 

6

 

 

 

 

 

À l’aube, sur la colline au milieu de notre forêt[
**]le doute n’existe pas. Dès les premières taches[
**]lumineuses de l’aurore, toute angoisse se cache[
**]s’éteint et s’évanouit. Et mon courage s’éveille

comme tout autour de moi un horizon dégagé[
**]s’étend et s’épanouit. Une vaste mer bravache[
**]d’arbres doués d’une patine argentée s’attache[
**]à des nuages bleutés. Et ma conscience se tait.

Il faut que je m’arrange. À la guerre, c’est dur.[
**]Les soldats vont mourir. Rien n’est moins sûr.[
**]Et il ne me reste rien? Il faut que je m’arrange.

Et si tu te débrouilles, nous n’avons rien perdu.[
**]Tu te perds, je saurai me débrouiller, mon ange.[
**]Aurais-tu fait autrement, ayant été si convaincu?

 

 

 

 

 

7

 

 

 

 

 

Avant la guerre, se promener le long d’un ruisseau[
**]le dimanche après-midi, s’asseoir au soleil,[
**]c’était tout notre plaisir, tout notre orgueil,[
**]sauf lire un poète et écouter un oiseau:

Comme une brume cerne un chêne noir et plein dans le calme,[[
]]effleure son écorce coriace et trempe ses feuilles arrachées,[[
]]des rais creux d’une lune bleuâtre traversent la voûte nacrée[[
]]d’une clairière et douce et chère et remplie d’odeurs de charmes.

Combien de temps volé pour être si épris?[
**]Des mensonges, des louanges pour ne pas être pris?[
**]Puis la guerre arrive, et je ne te reconnais plus.

À la place de tendresses que d’insultes et d’ivresse.[
**]Plus d’allure, plus d’élan, c’est une sorte de sagesse,[
**]un esprit quelconque et une femme à son insu.

 

 

 

 

 

 

8

 

 

 

 

 

 

Celui-là disait que la vie, ce n’est qu’une larme.[
**]Un soldat meurt pour nous laisser moins pleurer.[
**]Un soldat mort à la guerre n’est donc pas à plaindre.[
**]Il ne suscite pas nos regrets mais notre admiration.

Le regret me comblait comme une flamme complice,[
**]un mal grêle et digne d’une vie s’éteignant[
**]ainsi que l’éclat d’une chandelle atténué, gras[
**]à force de reflets froids d’une peine lasse et vive.

Et si une joie oubliée se tenait auprès de moi?[
**]Un parfum inné ou une chaleur nourrice?[
**]Et comment m’en réjouir, sans rappeler mon supplice?

Quel esprit, quelle fougue causait ce rêve sournois[
**]maudit, de plaisir au prix de conflit, de paix au gré de combat,[
**]de jouissance au goût de fortune, de mort au lieu de toi?

 

 

 

9

 

 

 

 

 

Comment décrire ta vie, écrire sa bonté, ses regrets,[
**]ta jeunesse pleine de rêves, de vigueur et d’espoir?[
**]Un sonnet peut-il servir à laisser un peu entrevoir[
**]tes qualités humaines et ton désir de vivre vrai?

Et un sonnet est-il autre qu’une chanson atone étirée,[
**]un petit rien mince d’un air soutenu dérisoire,[
**]un rite de mots, avec des sons battants accessoires[
**]et un saut, des versets et des bouts de rimes étriqués?

Même si pour une vie il n’est pas un vil embarras,[
**]que pourrait-il valoir qu’une fleur ne vaut pas?[
**]Cela dit, je voudrais que tes mérites soient connus,

te savoir à l’abri de méchancetés et de calomnies,[
**]protégé, reflété en des mots dignes et choisis,[
**]que l’on n’oublie jamais ton courage convaincu.

 

 

 

 

 

10

 

 

 

 

 

 

Je t’ai vu malheureux, te toi-même trahir,[
**]être trahi par la guerre, ses compromis, ses audaces,[
**]et pour moi, innocente, c’était une chance fugace[
**]pour me libérer de moi-même, pour trop réagir.

C’était le moment même pour mieux connaître mon plaisir,[
**]et mes actions égoïstes n’étaient que sa carapace,[
**]mon indifférence, ma distance que les seules traces[
**]des réponses enfouies, des délits de désir?

Sans trop y réfléchir, j’ai eu honte et j’ai eu peur[
**]et la peur m’a envahie pour dissiper ma chaleur[
**]me rendant plus cruelle, avide de vie, moins sage.

Et si j’étais honnie, quelque peu sans conscience,[
**]je n’y suis pour rien, c’est la guerre, ses outrages,[
**]c’est la guerre, la coupable, et moi sa carence.

 

 

 

 

 

11

 

 

 

 

 

 

N’ai-je été pour toi qu’un sourire pour te plaire,[
**]une voix calme cassante, un charme insolite,[
**]un regard attachant, une allure qui excite,[
**]une femme qui enivre, une femme éphémère?

N’ai-je été pour toi qu’un songe pour te distraire,[
**]une flûte de rêves complices que le soir sollicite,[
**]une goutte de brume matinale que le jour dissipe?[
**]N’ai-je été pour toi qu’une femme imaginaire?

Et si c’était plutôt moi qui t’avais inventé[
**]que plus tu aimais la guerre, moins tu me manquais,[
**]que je voulais te savoir plus lâche que héros?

Et si chacun s’est caché devant son idée de l’autre,[
**]chacun de nous fidèle à son portrait rideau,[
**]que me reste-t-il de ces vies, que me reste-t-il des nôtres?

 

 

 

 

 

12

 

 

 

 

La lumière autour de moi perd son aspect velouté,[
**]ne m’échauffe vraiment plus et tel un air malsain[
**]me recouvre d’un drap froid qui me serre et m’étreint[
**]et me rappelle des jours moins tristes, plus légers.

Mon âme plutôt rassurée est inquiète et fâchée,[
**]en proie aux desseins et désirs qui auparavant[
**]ne m’auraient troublée guère, ne m’auraient troublée point,[
**]ayant été des désirs communs, des desseins réguliers.

À quel moment ces désirs sont-ils devenus nocifs,[
**]non plus sains et bons, mais malins, abusifs?[
**]Au moment où j’ai compris que je t’avais abusé?

Affabuler ta vie, c’est t’avoir abandonné,[
**]et en t’abandonnant, abandonné moi-même,[
**]pour être abandonnée à mon tour par celui qui m’aime.

 

 

 

 

13

 

 

 

 

Je te vois près de moi la chevelure désunie,[
**]les lèvres un peu prises, les yeux un peu cernés,[
**]les bras adoucis et les épaules mordillées[
**]et je me souviens d’un jour, d’un jour à l’abri

à l’abri du temps sous un rocher blanchi[
**]à côté d’une source où nous nous sommes arrêtés[
**]pour nous réjouir du vent qui faisait frémir la forêt,[
**]pour attraper des feuilles comme deux enfants ravis:

Belle était ta bouche et tes yeux étaient clairs,[
**]et ton front serein comme avec un geste éclair[
**]tu nous as fait choir sur une terre duveteuse.

Je me souviens de tes bras et de tes épaules chaleureux,[
**]de tes lèvres hardies et de tes yeux amoureux,[
**]de ta chevelure désunie et d’une soirée heureuse.

 

 

 

 

 

14

 

 

 

 

 

Mon histoire d’amour manqué: des désirs vains et doux,[
**]une femme naïve et triste, un portrait plat effrayé,[
**]une chute apeurée qui dure, un sort commun raté[
**]d’une petite figure somnambule en proie à son propre goût.

Un contexte social caché: des réalités rêches et floues,[
**]des mythes flatteurs imposants, des héros de nouveau ranimés,[
**]un tort payé qui roule, une affaire soutenue, salée[
**]par une cupidité rude dédiée à des idéaux crus.

Faut-il la guerre qui change les relations[
**]plutôt que des lueurs plus saines d’entente et d’inspiration.[
**]Faut-il toujours le gain qui mène à richesse et abri.

Faut-il toujours l’argent qui fait se vanter de bonheur[
**]plutôt que des éclats plus fins d’égalité et de valeur.[
**]Faut-il toujours le banal qui gère ma vie.


Test 7

  • Author: Kevin J M Keane
  • Published: 2015-11-23 00:40:10
  • Words: 1614
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